La lave du Vésuve coule dans les veines de Pietra Montecorvino et inonde ce disque. Avec une sensualité extrême elle réduit en cendre la mièvrerie que l’on croyait locataire permanent de classiques aussi rabâchés que « O sole mio » ou « Guaglione », le « Bambino » de Dalida. Pietra incarne Naples la fiévreuse, comme peu de chanteuses auparavant. Avec la complicité d’Eugenio Bennato à la direction artistique, elle redonne un coup de fouet à la chanson napolitaine, la mettant en perspective avec les traditions sulfureuses du sud de l’Italie ou les langages ancestraux du Maghreb. Sa voix rauque et sensuelle jusqu’à en perdre les sens, peut d’un coup épouser une tendresse pure et enfantine avant de crier une soif infinie de liberté. Qu’elle chante les classiques napolitains ou des compositions faites sur mesure elle s’approprie chaque chansons comme si elles n’avaient attendu qu’elle pour enfin vivre leurs vraies vies.